Notre souhait n’est pas de nous substituer aux nombreux guides touristiques qui décrivent Bali,
ses traditions, sa beauté avec certainement plus
de talent que nous. Nous avons eu juste envie
de vous faire partager un petit bout de notre vie
à  Bali, comme une discussion entre amis.

Il manque, bien sûr, de nombreuses informations culturelles et pratiques sur cette page, l’histoire
même de Bali est bien sûr beaucoup plus dense
et riche en anecdotes. Pour en savoir plus, retrouvez, sur la page « Informations » une bibliographie non exhaustive d’auteurs comme I Madé Suradiya qui, dans son ouvrage datant de 2006, nous donne 39 clefs pour découvrir son paradis.

S’il peut être difficile de situer les frontières
de l’Indonésie et d’en citer les îles qui
la composent, chacun est cependant capable
de donner au moins un nom : Bali. Pourtant
avec ses 5 632 Km2, elle n‘est pas plus grande
qu’un département français moyen et représente seulement 0,3 de la surface totale de l’Indonésie… 

Bali est sans nul doute une des îles qui fait le plus rêver le voyageur qui sommeille en nous.

Nombreux sont les ouvrages et les sites Internet
qui la décrivent comme un véritable paradis.
À travers les différents témoignages recueillis
sur place ou au retour d’un séjour à Bali, les impressions sont identiques : des paysages
variés et magnifiques, des décors de films,
la sensation d’être dans un autre monde,
des habitants chaleureux, respectueux et tellement souriants…

Un peu d’histoire :

À ces quelques mots, nous avons déjà perdu
la moitié des lecteurs et pourtant l’histoire de Bali
est passionnante, à commencer par l’origine de son nom. Un manuscrit datant du XIV° siècle mentionne l’existence de l’île non pas sous le nom de Bali mais de Banten :

Sri Astasqura ratna bumi Banten
Traduction : Sri Astasura roi de l’île Banten

Les deux noms, Banten et Bali ont la même signification : offrande. Nous voici donc à l’origine
de l’exception Balinaise : tout est croyance, rites, profond respect de la vie mais aussi de la mort et offrandes…et croyez-nous, sur Bali les cérémonies,
ça n’arrête pas !

Habitée par l’homme sans doute un peu avant
le néolithique, Bali a accueilli la vague de « peuplement austronésienne » ( de très grands navigateurs ) venant du sud de la chine, apportant avec elle rites et culture religieuse. Puis au cours
de l’étape historique suivante, c’est la culture « dôngsonienne » du bronze, plus connue par ces immenses tambours de bronze, le plus grand d’entre eux étant conservé à Bali dans le temple de Pejeng (village de Bedulu).

 
 
 
 
 
 
Balade à Bali

Ce qui frappe les nouveaux arrivants, c’est la beauté des paysages. Au cours des âges, les balinais ont façonné la terre, sculpté la moindre parcelle de terrain, terrassé la moindre des pentes pour transformer une grande partie de l’île en des milliers de rizières. Humanisée à merveille, la nature devient une œuvre d’art. D’ailleurs Bali s’enorgueillit de pouvoir montrer
les plus belles rizières d’Indonésie et même du monde...

La terre a largement payé les efforts des balinais en procurant d’abondantes récoltes qui, à leur tour, ont permis l’épanouissement d’une culture exceptionnellement riche.
Chaque partie de l’île a sa spécialité, café, vanille,
clou de girofle, banane, snake fruit, papaye, mangoustans, mangue, raisin, etc…

Pour découvrir Bali, il faut quitter Kuta, ville
grouillante et touristique et se diriger vers Sanur,
plus cossue et plus tranquille. Depuis 1930,
elle a accueilli des artistes et des intellectuels
dont l’anthropologue Margaret Mead et l’acteur
Charlin Chaplin. Cette ville sera l’endroit idéal
pour se remettre du décalage horaire et réfléchir
à notre circuit :

Que faut-il voir ? Combien de temps consacrer
à chaque site ? Quelles sont les régions incontournables ? N’y a-t-il que des temples à voir ? Comment rencontrer des Balinais ? 
Comment se comporter lors d’une cérémonie ?
Où peut-on rencontré des artisans ?

Ces questions sont légitimes, mais tout le monde
n’a pas les mêmes centres d’intérêt et Bali doit
se découvrir comme elle vous accueille :
en vous laissant aller à la douceur d’une île qui reste incomparable…pour les réponses, elles viendront toutes seules, au fil de vos balades…

Mais il fallait bien vous donner envie de venir
nous voir. Alors voici une toute petite partie
de ce que l’on aime (re) découvrir à Bali :

La péninsule du Bukit qui se trouve au sud
de l’aéroport et qui s’achève sur la mer.
À l’extrémité ouest du Bukit, le Pura ( temple )
Luhur Uluwatu surplombe la mer qui fait rage
250 m plus bas. Ce temple fait partie des lieux
les plus sacrés de l’île et de nombreuses
cérémonies y sont organisées, les amoureux apprécieront les superbes couchers de soleil.

Pour les surfeurs dans l’âme, dont nous faisons
partie, nous allons faire un petit tour
à Padangpandang et ses plages comme
Dream beach où sont organisées les plus grandes compétions de surf du monde…c’est dire la « parfaitude » des vagues ( comme dirait Ségolène )

Mengwi pour voir le temple jardin,
le Pura Taman Ayun, crée en 1634, entouré
de douves et d’un bassin couvert de lotus
et pour la route avec ses magnifiques paysages ressemblant à des tableaux où tout est à sa place,
le soleil jouant avec le vert pour lui donner toutes
les teintes possibles et imaginables. 

Jatiluwih et ses rizières incroyables puis Munduk
pour profiter de quelques jours afin de découvrir
la région des Lacs, les plantations de girofles,
le jardin botanique avec ses plantes luxuriantes
et les mystérieux temples qui se cachent dans
les montagnes avoisinantes.

Faire un treck de 7 heures entre Jatiluwih jusqu'à Munduk en passant par le Mont Sengayang et le
Mont Pucuk pour terminer en allant chez l’habitant,
juste au bord du lac de Tambligan et traverser
celui-ci en pirogue le lendemain matin
au lever du soleil...

Lovina beach pour rencontrer les dauphins au lever
du soleil ( mais c’est tout… )

Tulamben, connu pour son cargo, coulé en 1949,
qui en fait l’épave la plus visitée d’Asie.
Il faut absolument en profiter pour plonger
avec les poissons Clowns, les Barracudas,
les poissons Perroquet et essayer de repérer
le célèbre « Hypocampe pygmée » .

La région autour du volcan sacré Batur : Kintamani pour une vue digne de la planète des singes,
Penulisan
avec sa longue volée de marches
pour atteindre le Puri Tegh Koripan, le plus haut sanctuaire de l’île.

L’est de Bali, qui vit s’épanouir les plus puissants royaumes Balinais, comme à Klungkung dont
les monuments et les marchés exigent un arrêt, fait l’objet d’une vénération particulière. Il symbolise
le royaume de Shiva avec le Mont Agung qui, pour
les Balinais, représente le nombril du monde
et son temple le plus sacré le Pura Besakih .

Le port de Padangbai, transfert pour Lombok
et départ des plus belles plongées de Bali avec 
juste à côté Goa Lawah, la grotte des chauves-souris, sans oublier Sidemen où les rizières rivalisent en beauté.

Batubulan qui réunit les plus habiles sculpteurs
sur pierre, en passant par le village de Celuk,
spécialisé dans l’orfèvrerie ainsi que Mas
qui permet de rencontrer des sculpteurs sur bois.

La région d’Ubud qui, en dépit de son tourisme,
parfois étouffant, regorge de trésors comme
Goa Gajah, la grotte de l’éléphant découverte
en 1923 et qui abrite deux statues du Boudha
du VII ou IX siècle.

Le village de Bedulu au centre duquel est conservée
la plus grande relique de l’âge de bronze de l’Asie
du sud-est, la « lune de Pengeng », un tambour
en bronze gravé de deux mille ans : la légende
raconte qu’il tomba du ciel…

Au nord de Bedulu, les collections du musée
Pubakala Gedong Arca
qui retracent 400 000 ans d’activité humaine à Bali.

Les splendides et tumultueuses rivières
autour d’Ubud et de Sedimen que l’on peut parcourir
en Rafting, les bains de Tampaksiring…

Bon, il faut savoir s’arrêter et vous laisser aussi découvrir par vous-même… En voiture, à pied,
à cheval, en VTT ou en rafting, Bali est une
destination pour tous qui vous réserve encore
plein de surprises... on vous a parlé des
plages de Jimbaran ?


 

 

L’indianisation de l’île n’est reconnue qu’à la fin du IX° siècle. Elle se traduit en particulier par l’adoption
de nombreux rites et mythes ainsi que d’un système hiérarchique héréditaire à quatre niveaux, proche
de celui que nous connaissons de nos jours.Au XVI° siècle, c’est l’âge d’or culturel et Bali retrouve sa pleine souveraineté politique sous la houlette du royaume
de Gelgel. Entre 1650, date approximative de la disparition de ce pouvoir et 1850, qui correspond au début de l’implantation des Hollandais, plusieurs états indépendants se partagèrent Bali. Tous succombèrent sous les coups de l’envahisseur. Pour l’un d’entre eux, cette chute prit la forme d’un suicide collectif ( puputan ) décrit par l’écrivain Jacques Chegaray dans son livre datant de 1953 « Bonheur à Bali, l’île des tabous » en ces termes :


« Le 27 mai 1904, un bateau chinois s’était échoué sur la plage de Sanour. Comme la population avait pillé et finalement détruit l’épave du navire, le gouvernement hollandais réclama au prince de Badoung une indemnité de 7500 florins. Celui-ci refusa de payer cette amende qui attentait à son prestige et préféra la guerre à la soumission. Le gouvernement de Java décida alors d’envoyer à Bali un corps expéditionnaire.

Cernés de toute part dans le palais du Prince par les troupes hollandaises, les combattants Balinais, se voyant perdus, décidèrent de mourir jusqu’au dernier (…) »

« (…) Au matin du 21 septembre 1906, les soldats néerlandais qui cernaient l’édifice virent, stupéfaits, les portes des enceintes s’ouvrir toutes grandes et livrer passages au cortège le plus étrange qui fut. Des centaines de Balinais jeunes et vieux, vêtus de leur plus beau sarong s’avançaient  lentement (…) Soudain, à cinquante mètres des Européens, le prince dégaina son Kriss. Ce fut le signal. La foule Balinaise se rua sur la troupe. Le capitaine hollandais fit ouvrir le feu. Le carnage commença. Les Balinais tombaient en masse. Les femmes blessées poignardaient leurs nourrissons de peur qu’ils ne survécussent. Les enfants, armés de couteaux, se ruaient à l’assaut. Les guerriers fonçaient, lances en avant, contre les canons.

Un enfant de douze ans, le demi-frère du Prince, commandait le dernier carré des insurgés. Le capitaine hollandais le somma de se rendre. Mais l’enfant, le kriss à la main, donna l’ordre de charger et tomba le premier sous les balles (…) Il n’y eut qu’une seule victime chez les Hollandais »


Ces actions à la fois désespérées et héroïques
ont durablement culpabilisé la métropole. Au point
que celle-ci épargna ensuite à Bali les excès d’une colonisation, s’attachant au contraire à voir en elle
un conservatoire de tradition à préserver et, dès les années 20, une destination touristique avec
un véritable engouement à la suite de l'exposition coloniale internationale de Paris en 1931.
Mais le tourisme n’est pas nouveau, une charte
atteste de la fondation d’une station balnéaire à Bali
en 962 !

Entre 1942 et 1945, Bali est occupée par les forces japonaises qui profitent de certaines infrastructures bâties par les hollandais vers 1930. La proclamation
de l'indépendance de l'Indonésie en 1945 par Soekarno et Hatta n’empêche pas le retour des Hollandais, qui veulent récupérer leur colonie.
En 1946, I Gusti Ngurah Rai et une centaine de ses combattants sont encerclés par l’armée hollandaise dans le village de Marga près de Tabanan.
Devant la résistance des hommes de Rai,
les Hollandais font venir des bombardiers
de Makassar (sud de Célèbes).

Dans « la tradition balinaise », Rai et ses derniers hommes commettent le puputan et grâce à leurs sacrifices, arrachent l’indépendance aux Hollandais. Ces suicides collectifs correspondent bien à la fierté
de la race Balinaise, à son sens de la tradition
et de l’honneur qui défendent toujours l’île et sa religion, si bien qu’aujourd’hui Bali étonne encore tous les voyageurs par l’harmonie de la vie sociale,
par le naturel et le faste de sa vie religieuse.


L’île des dieux :

Bali est avant tout une terre de légende, celle des déesses, des étranges créatures hermaphrodites,
des singes guerriers, des sorcières maléfiques
et des bons génies.

A Bali, il y a presque autant de temples que de divinités et de croyances. L’île compte plus de dix mille sanctuaires et chaque village en possède trois. Ce qui lui vaut un autre nom : « l’île aux milles temples ».

Si nous avons, chez Atlantis, une vraie passion pour ces traditions et ces cérémonies qui entourent notre quotidien, nous avons choisi les mots de Chistine Jordis dans son livre «  Bali, Java en rêvant » pour offrir des mots au sens « sacré » :


« L’île est le séjour des magiciens, des démons
et des dieux. C’est une pierre d’émeraude remontée
de l’océan et qui repose sur le dos large d’une tortue.
La légende le dit « en
méditant, le serpent du monde Antaboga créa la tortue Bedawang sur laquelle reposent deux serpents entrelacés qui sont le fondement de l’univers ».

Dans les hauteurs de la montagne habitent les dieux
et dans le creux et les caves les démons. Située à mi-chemin, participant des deux univers aérien et marin,
la partie médiane est réservée à l’homme, division en trois niveaux qui ordonne jusqu’au plus petit espace, hiérarchisé lui aussi selon le plan cosmique : architecture des maisons et des villages, des pavillons et des temples, du corps humain…

Djero Gedé Metjaling, le géant aux crocs pointus qui vit dans l’île dénudée de Nusa Penida, gouverne la bande côtière ; c’est un esprit du mauvais, un habitant des frontières, soumis aux vents délétères qui soufflent  sur les carrefours, lieux de croisements, sur les forêts et sur les plages. Ainsi les Balinais ne regardent-ils pas, au loin, la mer qui cerne leur île et d’où leur vinrent les invasions, mais vers les sommets, vers les volcans qui la dominent, vers le Yunnung Agung, qui est le plus élevé d’entre eux et le plus sacré. »


Si l’on s’en tient à la terminologie officielle,
la majorité des 3 millions de Balinais professe l’indouisme. La religion Balinaise ( Agma Bali )
diffère cependant notablement du modèle indien.
Outre le dieu universel Sang Hyang Widi, on vénère également Brahama, vishnou et Shiva ainsi qu’une kyrielle d’autre dieux, ceux des lacs, des montagnes,
de la mer, le la lune etc… Ainsi bien sûr que la très importante déesse du riz, Dewi Sri.

La foi des Balinais est exprimée à travers de nombreuses cérémonies, qui mettent en scène
les hommes face à la grandeur des dieux et démons mais comme on dit en France, c’est une autre histoire… nous reviendrons bientôt pour vous
la raconter…

A moins que vous ne préfériez venir nous voir ??