Découvrir à Bali



Un peu d’histoire :

À ces quelques mots, nous avons déjà perdu la moitié des lecteurs et pourtant l’histoire de Bali est passionnante, à commencer par l’origine de son nom. Un manuscrit datant du XIV° siècle mentionne l’existence de l’île non pas sous le nom de Bali mais de Banten :

Sri Astasqura ratna bumi Banten
Traduction : Sri Astasura roi de l’île Banten

Les deux noms, Banten et Bali ont la même signification : offrande. Nous voici donc à l’origine de l’exception Balinaise : tout est croyance, rites, profond respect de la vie mais aussi de la mort et offrandes…et croyez-nous, sur Bali les cérémonies,
ça n’arrête pas !

Habitée par l’homme sans doute un peu avant le néolithique, Bali a accueilli la vague de « peuplement austronésienne » ( de très grands navigateurs ) venant du sud de la chine, apportant avec elle rites et culture religieuse. Puis au cours de l’étape historique suivante, c’est la culture « dôngsonienne » du bronze, plus connue par ces immenses tambours de bronze, le plus grand d’entre eux étant conservé à Bali dans le temple de Pejeng (village de Bedulu).

L’indianisation de l’île n’est reconnue qu’à la fin du IX° siècle. Elle se traduit en particulier par l’adoption de nombreux rites et mythes ainsi que d’un système hiérarchique héréditaire à quatre niveaux, proche de celui que nous connaissons de nos jours.Au XVI° siècle, c’est l’âge d’or culturel et Bali retrouve sa pleine souveraineté politique sous la houlette du royaume de Gelgel. Entre 1650, date approximative de la disparition de ce pouvoir et 1850, qui correspond au début de l’implantation des Hollandais, plusieurs états indépendants se partagèrent Bali. Tous succombèrent sous les coups de l’envahisseur. Pour l’un d’entre eux, cette chute prit la forme d’un suicide collectif ( puputan ) décrit par l’écrivain Jacques Chegaray dans son livre datant de 1953 « Bonheur à Bali, l’île des tabous » en ces termes :

« Le 27 mai 1904, un bateau chinois s’était échoué sur la plage de Sanour. Comme la population avait pillé et finalement détruit l’épave du navire, le gouvernement hollandais réclama au prince de Badoung une indemnité de 7500 florins. Celui-ci refusa de payer cette amende qui attentait à son prestige et préféra la guerre à la soumission. Le gouvernement de Java décida alors d’envoyer à Bali un corps expéditionnaire.

Cernés de toute part dans le palais du Prince par les troupes hollandaises, les combattants Balinais, se voyant perdus, décidèrent de mourir jusqu’au dernier (…) »


 

« (…) Au matin du 21 septembre 1906, les soldats néerlandais qui cernaient l’édifice virent, stupéfaits, les portes des enceintes s’ouvrir toutes grandes et livrer passages au cortège le plus étrange qui fut. Des centaines de Balinais jeunes et vieux, vêtus de leur plus beau sarong s’avançaient  lentement (…) Soudain, à cinquante mètres des Européens, le prince dégaina son Kriss. Ce fut le signal. La foule Balinaise se rua sur la troupe. Le capitaine hollandais fit ouvrir le feu. Le carnage commença. Les Balinais tombaient en masse. Les femmes blessées poignardaient leurs nourrissons de peur qu’ils ne survécussent. Les enfants, armés de couteaux, se ruaient à l’assaut. Les guerriers fonçaient, lances en avant, contre les canons.

Un enfant de douze ans, le demi-frère du Prince, commandait le dernier carré des insurgés. Le capitaine hollandais le somma de se rendre. Mais l’enfant, le kriss à la main, donna l’ordre de charger et tomba le premier sous les balles (…) Il n’y eut qu’une seule victime chez les Hollandais »


Ces actions à la fois désespérées et héroïques
ont durablement culpabilisé la métropole. Au point
que celle-ci épargna ensuite à Bali les excès d’une colonisation, s’attachant au contraire à voir en elle
un conservatoire de tradition à préserver et, dès les années 20, une destination touristique avec
un véritable engouement à la suite de l'exposition coloniale internationale de Paris en 1931.
Mais le tourisme n’est pas nouveau, une charte
atteste de la fondation d’une station balnéaire à Bali
en 962 !

Entre 1942 et 1945, Bali est occupée par les forces japonaises qui profitent de certaines infrastructures bâties par les hollandais vers 1930. La proclamation
de l'indépendance de l'Indonésie en 1945 par Soekarno et Hatta n’empêche pas le retour des Hollandais, qui veulent récupérer leur colonie.
En 1946, I Gusti Ngurah Rai et une centaine de ses combattants sont encerclés par l’armée hollandaise dans le village de Marga près de Tabanan.
Devant la résistance des hommes de Rai,
les Hollandais font venir des bombardiers
de Makassar (sud de Célèbes).

Dans « la tradition balinaise », Rai et ses derniers hommes commettent le puputan et grâce à leurs sacrifices, arrachent l’indépendance aux Hollandais. Ces suicides collectifs correspondent bien à la fierté
de la race Balinaise, à son sens de la tradition
et de l’honneur qui défendent toujours l’île et sa religion, si bien qu’aujourd’hui Bali étonne encore tous les voyageurs par l’harmonie de la vie sociale,
par le naturel et le faste de sa vie religieuse.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
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